C’est la première phrase que l’on cherche à maîtriser, celle qui permet d’engager un échange plutôt que de simplement observer. Alors comment dit-on « je m’appelle » en LSF ?

La construction combine trois éléments : le pointage MOI, le signe S’APPELER, puis l’épellation de votre prénom.

Pour le signe S’APPELER, placez vos deux mains en configuration N, index et majeur tendus et collés, paumes orientées vers vous. Votre main dominante tape ensuite deux fois sur l’autre main.

Vous épelez ensuite votre prénom avec l’alphabet manuel, lettre par lettre et à rythme posé. C’est l’un des rares moments où la dactylologie devient indispensable, puisque les prénoms n’ont pas de signe propre.

Un élément culturel mérite d’être connu. Dans la communauté sourde, chacun reçoit un nom-signe, souvent lié à une caractéristique physique ou à un trait de personnalité. Il remplace alors l’épellation. Point important : ce signe vous est attribué par un membre sourd de la communauté, jamais choisi par vous-même.

Comme toujours en LSF, le regard conditionne tout. Il doit rester dirigé vers votre interlocuteur pendant toute la présentation.

Comment former le signe « je m’appelle » en LSF ?

Voici les étapes pour former l’expression correctement.

  1. Établir le contact visuel avec votre interlocuteur

  2. Pointer votre index vers votre poitrine pour signer MOI

  3. Placer vos deux mains en configuration N

  4. Tendre index et majeur collés sur chaque main

  5. Orienter les paumes vers vous

  6. Taper deux fois la main dominante sur l’autre

  7. Épeler votre prénom lettre par lettre

Le point décisif est la configuration N sur les deux mains. Index et majeur doivent être tendus et collés l’un contre l’autre, pas écartés. Un écartement transformerait la configuration et brouillerait le signe.

Le double contact compte également. La main dominante tape deux fois, pas une seule ni trois. Ce rythme fait partie du signe et le distingue d’autres configurations utilisant deux mains.

Gardez vos paumes orientées vers vous plutôt que vers l’extérieur. C’est une erreur fréquente chez les débutants qui reproduisent par réflexe l’orientation habituelle des signes.

L’épellation du prénom mérite une attention particulière. Signez à rythme posé et régulier, sans accélérer. Votre interlocuteur doit pouvoir lire chaque lettre, et un prénom épelé trop vite devient illisible même pour un signeur expérimenté.

Marquez par ailleurs une légère pause entre le signe S’APPELER et le début de l’épellation, ce qui signale clairement que votre prénom commence.

Le regard reste dirigé vers votre interlocuteur pendant toute la présentation. En LSF, il indique à qui vous vous adressez et maintient le lien.

Si vous disposez d’un nom-signe, remplacez simplement l’épellation par ce signe.

Qu’est-ce qu’un nom-signe en LSF ?

Le nom-signe est le signe personnel qui identifie une personne dans la communauté sourde. Il remplace l’épellation du prénom, qui serait trop lente à répéter dans une conversation courante.

Son principe tient à une contrainte pratique. Épeler un prénom demande plusieurs secondes, ce qui devient rapidement pesant lorsqu’on évoque quelqu’un à plusieurs reprises. Le nom-signe condense cette identité en un geste unique.

Sa construction suit généralement une logique descriptive. Il s’appuie sur une caractéristique physique comme des cheveux bouclés, des taches de rousseur ou le port de lunettes, sur un trait de personnalité, ou parfois sur une passion ou une activité marquante.

Certains nom-signes combinent la lettre initiale du prénom avec cette caractéristique, ce qui crée un lien avec l’état civil tout en restant visuel.

Un point culturel essentiel mérite d’être compris, et il surprend souvent les entendants : vous ne choisissez pas votre nom-signe. Il vous est attribué par un membre sourd de la communauté, généralement après quelques rencontres, lorsque la personne a identifié ce qui vous caractérise.

S’auto-attribuer un nom-signe est perçu comme une maladresse, parfois comme un manque de respect. C’est un geste d’intégration qui vient de l’extérieur, pas une décision personnelle.

En attendant de recevoir le vôtre, épelez simplement votre prénom. C’est la pratique normale et attendue, et personne n’y verra quoi que ce soit d’anormal.

Notez enfin qu’un nom-signe peut évoluer si la caractéristique qui l’a inspiré change de façon marquante.

Cette pratique illustre bien le fonctionnement de la LSF, qui privilégie l’efficacité visuelle et s’ancre dans une culture propre plutôt que de décalquer le français.

Conclusion : se présenter en trois gestes

Pour dire « je m’appelle » en LSF, pointez votre index vers votre poitrine pour signer MOI, placez vos deux mains en configuration N avec index et majeur tendus et collés, tapez deux fois la main dominante sur l’autre, puis épelez votre prénom.

Trois points méritent d’être retenus.

Le premier concerne la configuration N. Vos index et majeurs doivent rester collés, pas écartés, et vos paumes orientées vers vous. C’est l’erreur la plus fréquente chez les débutants qui reproduisent par réflexe l’orientation habituelle des signes.

Le deuxième concerne l’épellation. Signez à rythme posé et régulier, sans accélérer. Votre interlocuteur doit pouvoir lire chaque lettre, et un prénom épelé trop vite devient illisible même pour un signeur expérimenté. Marquez une légère pause avant de commencer.

Le troisième est culturel et surprend souvent les entendants. Le nom-signe vous est attribué par un membre sourd de la communauté, jamais choisi par vous-même. En attendant de recevoir le vôtre, épelez simplement votre prénom : c’est la pratique normale et attendue.

Gardez enfin le regard dirigé vers votre interlocuteur pendant toute la présentation. En LSF, il indique à qui vous vous adressez et maintient le lien, ce qui compte autant que la précision de vos mains.